Analyse graphique : des foutaises ou simplement un moyen de connaître les anticipations des autres investisseurs ?

Analyse graphique : les courbes prédisent elles vraiment les marchés ?
Supports, résistances, moyennes mobiles, doubles sommets, épaules-tête-épaules, canaux haussiers, RSI, retracements de Fibonacci... L’analyse graphique donne parfois l’impression que les cours de Bourse obéissent à une géométrie secrète qu’il suffirait de savoir décrypter pour anticiper leur évolution. Cette vision est probablement trompeuse. Un graphique ne connaît ni les résultats futurs d’une entreprise, ni la prochaine décision d’une banque centrale, ni la prochaine crise géopolitique. Il ne prédit rien par lui-même. En revanche, il raconte quelque chose de très intéressant : ce que les investisseurs ont fait jusqu’à présent. Et lorsque des millions d’investisseurs regardent les mêmes niveaux, les mêmes moyennes mobiles et les mêmes configurations, ces repères peuvent finir par influencer leurs décisions. L’analyse graphique ne permettrait donc pas tant de deviner où vont les cours que d’essayer d’anticiper comment les autres investisseurs vont réagir. La nuance est considérable.
Un graphique ne représente finalement que des transactions passées
Un graphique boursier est d’abord une représentation de données historiques. Le cours affiché correspond au prix auquel acheteurs et vendeurs sont parvenus à réaliser des transactions à différents moments. Regarder une courbe revient donc à observer le résultat des décisions passées de l’ensemble des intervenants. Le graphique ne contient aucune information directe sur le bénéfice que réalisera l’entreprise dans deux ans. Il ne connaît pas davantage le prochain chiffre de l’inflation, la décision future de la BCE ou de la Fed, le résultat d’une élection ou l’apparition d’une innovation majeure. Il montre seulement comment le marché a réagi jusqu’ici aux informations dont il disposait et aux anticipations de ses participants. Pourtant, les investisseurs tentent précisément d’utiliser ce passé pour anticiper l’avenir.
Pourquoi un support devrait-il arrêter une baisse ?
Prenons l’un des concepts les plus connus de l’analyse technique : le support.
Une action est descendue plusieurs fois autour de 50 € avant de rebondir. L’analyste graphique trace donc une ligne horizontale autour de ce niveau et considère 50 € comme un support.
Mais pourquoi 50 € aurait-il une propriété particulière ?
Il n’existe évidemment aucun mur sous le cours de l’action. Rien dans le fonctionnement économique de l’entreprise ne garantit qu’elle ne puisse pas valoir 49 €, 45 € ou 30 €.
En revanche, les investisseurs se souviennent que l’action a déjà rebondi autour de 50 €. Certains considèrent donc ce prix comme attractif. D’autres placent des ordres d’achat à proximité. Des traders savent également que de nombreux participants surveillent ce niveau.
Le support peut alors fonctionner précisément parce qu’il est considéré comme un support.
[(Une action a rebondi trois fois autour de 50 €. Lorsqu’elle revient à 51 €, certains investisseurs commencent à acheter en anticipant un nouveau rebond. D’autres attendent exactement 50 €. Cette accumulation d’ordres crée une demande supplémentaire autour du niveau observé. La ligne tracée sur le graphique n’a évidemment aucune force physique. Ce sont les décisions des investisseurs qui peuvent lui en donner une.)]
Nous entrons alors dans le domaine des prophéties autoréalisatrices.
Une résistance fonctionne selon la même logique
Une résistance représente un niveau que le cours a plusieurs fois échoué à franchir.
Supposons qu’une action ait atteint 100 € à trois reprises avant de rechuter.
À son quatrième retour vers 100 €, certains investisseurs ayant acheté beaucoup plus bas décident de prendre leurs bénéfices. D’autres se souviennent des précédents échecs et vendent préventivement. Des traders prennent des positions en anticipant précisément ces ventes.
Le nombre de vendeurs augmente donc autour de 100 €.
La résistance peut fonctionner.
Mais ce n’est pas nécessairement parce que le graphique avait « raison ». C’est peut-être parce que suffisamment d’investisseurs ont regardé le même graphique et ont agi en conséquence.
L’analyse graphique serait donc une analyse du comportement collectif
C’est probablement ainsi qu’il faut l’aborder.
Le graphique n’est pas une boule de cristal. C’est une représentation condensée des comportements des investisseurs.
La peur, l’avidité, le regret, l’espoir, l’aversion aux pertes et le mimétisme peuvent laisser des traces dans les prix.
Un investisseur ayant acheté une action 100 € et l’ayant regardée tomber à 70 € peut se promettre de vendre dès qu’elle reviendra à son prix d’achat. Si des milliers d’investisseurs se trouvent dans la même situation, le retour vers 100 € peut provoquer une vague de ventes.
Le niveau devient alors une résistance non parce que 100 possède une quelconque propriété mathématique, mais parce qu’il possède une signification psychologique pour les détenteurs du titre.
Les chiffres ronds n’ont rien de magique, mais nous les aimons beaucoup
Pourquoi les seuils de 5 000, 7 500, 10 000 ou 20 000 points sont-ils autant commentés ?
Mathématiquement, passer de 9 999 à 10 000 ne change presque rien. Pourtant, les nombres ronds constituent des repères psychologiques faciles à retenir.
Ils deviennent des objectifs, des niveaux de prise de bénéfices ou des seuils de déclenchement.
Ce phénomène illustre parfaitement la frontière entre analyse graphique et psychologie.
Le nombre n’a aucune propriété financière particulière. C’est l’attention collective portée au nombre qui peut en créer une.
Les moyennes mobiles existent parce que tout le monde les regarde ?
La moyenne mobile à 200 séances est probablement l’un des meilleurs exemples.
Pourquoi 200 séances ? Pourquoi pas 183, 217 ou 243 ?
Il n’existe aucune loi économique imposant qu’un marché situé au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours soit haussier et qu’il devienne dangereux dès qu’il passe en dessous.
Mais cette moyenne est tellement suivie qu’elle devient un repère collectif.
Des investisseurs institutionnels l’observent. Des traders l’utilisent. Des algorithmes peuvent intégrer des règles reposant sur des moyennes mobiles. Les médias financiers commentent leur franchissement.
Lorsqu’un indice passe sous sa moyenne mobile à 200 séances, ce franchissement peut donc entraîner des décisions parce que les investisseurs savent que d’autres investisseurs regardent exactement la même chose.
L’indicateur produit potentiellement une réaction parce qu’il est connu.
Je sais que vous savez que je sais
C’est là que l’analyse graphique devient intellectuellement intéressante.
Un trader n’achète pas nécessairement sur un support parce qu’il croit profondément que ce niveau possède une valeur fondamentale. Il peut acheter parce qu’il pense que les autres investisseurs vont acheter.
Et ces autres investisseurs peuvent eux-mêmes acheter parce qu’ils pensent que beaucoup d’autres feront la même chose.
Nous ne sommes plus très loin de la théorie des jeux.
[(Je vois un support à 100 €. Je sais que beaucoup de traders voient également ce support. Je suppose donc qu’ils vont acheter autour de 100 €. J’achète à mon tour à 101 € pour profiter du rebond que leurs achats devraient provoquer. Mon propre achat contribue alors, à une échelle minuscule, au phénomène que j’essayais précisément d’anticiper.)]
L’analyse technique devient ainsi moins une tentative de prévoir la valeur future d’un actif qu’une tentative de prévoir les décisions futures des autres participants.
Keynes avait déjà décrit une mécanique comparable
Bien avant les écrans de trading modernes, John Maynard Keynes avait utilisé la célèbre métaphore du concours de beauté.
Dans certains concours organisés par les journaux de l’époque, il ne fallait pas choisir le visage que l’on trouvait personnellement le plus beau. Il fallait choisir celui que l’on pensait que la majorité des autres participants allait considérer comme le plus beau.
La logique peut être transposée aux marchés financiers.
L’investisseur ne cherche pas toujours l’entreprise qu’il considère personnellement comme la meilleure. Il peut chercher celle dont il pense que les autres investisseurs vont bientôt vouloir acheter les actions.
Et au niveau suivant, il peut même chercher à anticiper ce que les autres pensent que les autres vont acheter.
Le marché devient alors une gigantesque machine à anticiper les anticipations.
Un cours ne monte pas parce qu’une entreprise est bonne
Cette distinction permet également de comprendre pourquoi de très bonnes nouvelles peuvent provoquer une baisse du cours d’une action.
Une entreprise annonce une croissance de 20 %. C’est objectivement une excellente performance. Pourtant, son action chute de 8 %.
Pourquoi ?
Parce que le marché attendait peut-être +25 %.
Le prix ne réagit donc pas seulement à la réalité économique. Il réagit à l’écart entre cette réalité et ce que les investisseurs avaient déjà anticipé.
La question boursière n’est pas uniquement : « Les résultats sont-ils bons ? »
Elle devient : « Sont-ils meilleurs ou moins bons que ce que les autres investisseurs avaient déjà intégré dans le cours ? »
C’est exactement la même mécanique que celle rencontrée dans l’analyse graphique : essayer de comprendre les anticipations des autres.
Les figures graphiques ont-elles réellement une signification ?
Une épaule-tête-épaule, un double sommet ou un triangle n’a évidemment aucune conscience de son existence.
Ces figures constituent des classifications réalisées après observation des prix.
Le double sommet est particulièrement intéressant. Un actif atteint une première fois 100 €, baisse à 90 €, revient à 100 € puis échoue à nouveau.
Le graphique dessine alors deux sommets.
L’interprétation technique considère généralement que cet échec peut signaler une perte de dynamique.
Mais là encore, la psychologie fournit une lecture intéressante. Ceux qui avaient regretté de ne pas vendre lors du premier passage à 100 € disposent d’une seconde occasion. Certains prennent leurs bénéfices. D’autres anticipent ces ventes. Si le marché commence effectivement à baisser, de nouveaux investisseurs interprètent la figure comme un double sommet et vendent à leur tour.
La figure se renforce parce qu’elle devient visible.
Le problème commence lorsque tout le monde voit exactement la même chose
Si un support est parfaitement évident, il n’est plus une information secrète.
Tout le monde peut le voir.
Cela signifie que les comportements anticipés autour de ce niveau peuvent déjà être intégrés dans le prix et dans les carnets d’ordres.
Plus encore, certains traders vont précisément chercher à exploiter ceux qui suivent mécaniquement ces niveaux.
C’est l’une des raisons des fameuses fausses cassures.
Un support casse, les ordres stop se déclenchent, les vendeurs se multiplient et le cours repart presque immédiatement dans l’autre sens.
Les investisseurs ayant appliqué mécaniquement la règle graphique ont vendu quasiment au plus mauvais moment.
Les algorithmes ont-ils renforcé le phénomène ?
Une partie importante des transactions est aujourd’hui automatisée. Les stratégies quantitatives peuvent prendre en compte le momentum, les tendances, la volatilité, les volumes ou différents niveaux de prix.
Cela ne signifie pas que tous les algorithmes tracent des supports et des résistances comme un particulier devant son écran.
Mais cela renforce l’idée qu’une partie des mouvements de marché répond à des règles systématiques.
Lorsque certains seuils sont franchis, des ordres peuvent être déclenchés automatiquement. Une variation initialement limitée peut alors s’amplifier.
L’analyse graphique cherche donc parfois à repérer les endroits où le comportement collectif risque de changer brutalement.
L’analyse technique ne cherche pas forcément à expliquer
C’est une différence fondamentale avec l’analyse économique ou fondamentale.
L’analyste fondamental veut comprendre l’entreprise : chiffre d’affaires, marges, bénéfices, dette, avantage concurrentiel, perspectives et valorisation.
L’analyste technique peut parfaitement acheter une action sans connaître précisément son activité.
Il observe que le prix monte, que les volumes augmentent, qu’une résistance vient d’être franchie et que la dynamique est favorable.
Cela peut sembler absurde à l’investisseur fondamental.
Mais le technicien répondrait probablement qu’il n’a pas besoin de connaître la raison pour constater que les acheteurs dominent les vendeurs.
Le prix contient-il déjà toute l’information ?
L’une des hypothèses sous-jacentes de nombreuses approches techniques consiste à considérer que le prix synthétise déjà une quantité considérable d’informations.
Résultats, anticipations, taux, risques politiques, recommandations d’analystes, positions des investisseurs : tout cela finit, d’une manière ou d’une autre, par provoquer des achats et des ventes.
Le graphique constitue donc le résultat final de toutes ces décisions.
Cette idée est séduisante, mais elle possède une limite évidente : le prix contient les informations et anticipations connues ou imaginées aujourd’hui. Il ne peut pas intégrer correctement une information réellement imprévisible.
Aucun support graphique ne peut anticiper précisément un événement totalement inattendu.
Le graphique est incapable de voir arriver l’information nouvelle
C’est probablement la principale faiblesse de toute extrapolation graphique.
Une entreprise cote 100 €. Tous les indicateurs sont positifs. La tendance est haussière, les moyennes mobiles progressent, les volumes sont favorables et l’action vient de franchir une résistance.
Le lendemain matin, l’entreprise annonce une fraude comptable majeure.
Le graphique de la veille devient instantanément inutile.
Inversement, une action enfermée dans une tendance baissière peut bondir brutalement après une offre publique d’achat inattendue.
Les graphiques peuvent aider à analyser le comportement des investisseurs face aux informations connues. Ils ne permettent pas de connaître les informations qui n’existent pas encore.
Pourquoi cela fonctionne-t-il parfois remarquablement bien ?
Parce que tous les mouvements de marché ne sont pas provoqués par des événements imprévisibles.
Une grande partie du temps, les investisseurs réagissent progressivement.
Une tendance attire de nouveaux acheteurs. Une hausse prolongée améliore la confiance. Les investisseurs qui avaient parié sur une baisse rachètent leurs positions. Les médias parlent davantage de l’actif. De nouveaux particuliers arrivent. Le mouvement s’auto-entretient.
C’est le principe du momentum.
Ce qui monte tend parfois à continuer de monter pendant un certain temps, non parce qu’une loi naturelle l’impose, mais parce que les comportements des investisseurs possèdent eux-mêmes une inertie.
La tendance devient alors une information sur le comportement collectif.
Et pourquoi cela cesse-t-il brutalement de fonctionner ?
Parce que le comportement collectif change.
À mesure qu’une hausse se prolonge, les acheteurs potentiels peuvent devenir moins nombreux. Les valorisations augmentent. Les investisseurs déjà positionnés accumulent des plus-values qu’ils peuvent vouloir sécuriser.
Une information relativement modeste peut alors suffire à inverser le mouvement.
C’est pourquoi aucune figure graphique ne fonctionne systématiquement.
Si une configuration permettait réellement de connaître avec certitude le mouvement suivant, elle serait rapidement exploitée par les investisseurs. Les achats seraient réalisés avant même l’apparition complète du signal et l’avantage finirait par disparaître.
Les marchés ont cette particularité : lorsqu’une méthode devient trop évidente et trop profitable, son utilisation tend à modifier le phénomène qu’elle cherche à exploiter.
L’analyse graphique est-elle alors totalement inutile ?
Non. Mais son utilité n’est probablement pas celle que certains lui attribuent.
Un graphique peut être très utile pour déterminer une tendance, mesurer la volatilité, identifier les niveaux auxquels les investisseurs ont historiquement réagi, observer le momentum ou définir des règles de gestion du risque.
Il peut également obliger l’investisseur à formaliser ses décisions.
Décider à l’avance qu’une position sera réduite si une tendance de fond est rompue est différent de paniquer après une séance à -8 %.
Le graphique devient alors un outil de discipline plutôt qu’un outil de divination.
Le danger des graphiques : voir des formes partout
Le cerveau humain est particulièrement doué pour identifier des motifs, y compris lorsqu’ils apparaissent par hasard.
Face à une courbe, il est facile de découvrir après coup une résistance parfaite, un canal, un triangle ou une figure de retournement.
Le problème est que ces configurations semblent souvent beaucoup plus évidentes une fois que l’on connaît la suite.
Tracer aujourd’hui les lignes qui auraient permis de prévoir le krach d’hier est relativement facile.
Les tracer avant le krach l’est beaucoup moins.
C’est le biais rétrospectif appliqué aux marchés financiers.
Deux analystes, un même graphique, deux conclusions
L’analyse graphique possède également une part de subjectivité.
L’un trace un support à 98 €. L’autre considère qu’il se situe à 95 €. Un troisième utilise une zone comprise entre 95 et 100 €.
L’un observe un canal haussier. L’autre voit une figure d’essoufflement.
Plus les outils et indicateurs sont nombreux, plus il devient possible de trouver celui qui confirme l’opinion que l’on avait déjà.
Le risque est alors de ne plus utiliser le graphique pour analyser le marché, mais pour justifier une décision déjà prise.
Analyse fondamentale et analyse graphique ne répondent pas à la même question
Les opposer systématiquement n’a finalement pas beaucoup de sens.
L’analyse fondamentale tente notamment de répondre à la question : « Que vaut cette entreprise et quelles sont ses perspectives ? »
L’analyse graphique pose davantage la question : « Que font actuellement les investisseurs et à quels niveaux leur comportement pourrait-il changer ? »
Une entreprise peut sembler fondamentalement sous-évaluée pendant des années tandis que son cours continue de baisser.
L’analyse fondamentale peut donner une raison d’acheter. L’analyse graphique peut éventuellement aider à constater que le marché commence enfin à partager cette opinion.
Finalement, que cherchons-nous vraiment à prévoir ?
C’est probablement la question centrale.
Lorsque nous regardons un graphique, nous avons l’impression de chercher le cours futur.
En réalité, le cours futur n’existe pas encore.
Il sera produit par les prochaines décisions d’achat et de vente. Ces décisions dépendront des informations futures, mais aussi de la manière dont des millions d’investisseurs les interpréteront.
Chercher à prévoir un cours revient donc nécessairement à essayer de prévoir un comportement collectif.
Le support, la résistance, la moyenne mobile ou la tendance ne sont que des moyens de représenter ce comportement.
Les graphiques ne prédisent pas les marchés, ils montrent ce que les investisseurs regardent
L’analyse graphique n’est probablement ni la science exacte que certains vendeurs de méthodes de trading prétendent enseigner, ni une pratique totalement dépourvue d’intérêt.
Son utilité apparaît beaucoup plus clairement lorsqu’on abandonne l’idée qu’une courbe serait capable de révéler l’avenir.
Un support n’arrête pas un cours. Des investisseurs achètent autour d’un support.
Une résistance ne repousse pas une action. Des investisseurs vendent autour d’une résistance.
Une moyenne mobile ne fait pas changer la tendance. Des investisseurs et des systèmes de trading peuvent modifier leurs positions lorsqu’elle est franchie.
Les graphiques ont donc du sens en partie parce que nous leur en donnons.
C’est ce qui rend l’analyse technique à la fois fascinante et fragile. Plus un signal est observé, plus il peut influencer le marché. Mais plus il devient évident, plus d’autres intervenants peuvent chercher à l’anticiper et à l’exploiter.
Finalement, celui qui regarde un graphique ne tente peut-être pas vraiment de deviner où ira la Bourse demain. Il tente de deviner ce que les autres investisseurs vont penser que les autres investisseurs vont faire.
Et c’est probablement une description assez fidèle des marchés financiers eux-mêmes.