À la une

LIVRET DISTINGO BANK : Taux boosté de 4.50 % brut + 80 euros offerts
Voir conditions sur la page dédiée à cette offre.

En Savoir Plus
Rechercher

Comment bien gérer une baisse généralisée des marchés actions ?

Publié le

Comment bien gérer une baisse généralisée des marchés actions ? © stock.adobe.com

Krach boursier : comment bien gérer une baisse généralisée des marchés actions ?

CAC 40 en baisse, Wall Street dans le rouge, actions technologiques, financières, industrielles ou valeurs du luxe qui reculent simultanément : lorsqu’une baisse devient généralisée, la tentation est grande de vendre avant que la situation ne s’aggrave. Pourtant, une chute de l’ensemble du marché ne doit pas être analysée comme l’effondrement d’une action isolée. Lorsqu’une entreprise perd 30 % à la suite d’une fraude, d’une explosion de son endettement ou d’un effondrement de ses résultats, vendre peut être parfaitement rationnel. Lorsqu’un portefeuille diversifié perd 20 % parce que presque tous les marchés actions corrigent simultanément, le raisonnement est différent. Pour l’investisseur de long terme, la première décision à prendre lors d’un krach est donc souvent de ne pas en prendre sous le coup de l’émotion.

Une baisse de 10 %, 20 % ou 30 % des actions n’a rien d’exceptionnel

Investir en actions signifie accepter leur volatilité. L’AMF rappelle que des variations supérieures à 20 % ou 30 % sur une année ne sont pas rares et recommande d’envisager les placements en actions sur une durée d’au moins cinq ans, et plus raisonnablement dix ans ou davantage. Une baisse importante n’est donc pas nécessairement la manifestation d’un dysfonctionnement des marchés. Elle fait partie du risque accepté en contrepartie de l’espérance de rendement supérieure recherchée à long terme. Le problème apparaît lorsque l’investisseur découvre seulement pendant le krach que son allocation était beaucoup plus risquée qu’il ne le pensait.

Avant de vendre, comprendre pourquoi les marchés baissent

Toutes les corrections ne se ressemblent pas. Une baisse peut provenir d’une récession, d’un choc géopolitique, d’une crise financière, d’une remontée brutale des taux d’intérêt, d’une inflation inattendue, de valorisations devenues excessives ou simplement d’une révision des anticipations de bénéfices. Identifier la cause ne permet pas de connaître le point bas, mais aide à déterminer si le problème remet réellement en cause l’horizon d’investissement. Une chute liée à une révision des valorisations ne produit pas les mêmes conséquences qu’une crise bancaire systémique. Dans les deux cas, personne ne connaît pour autant à l’avance le niveau auquel le marché cessera de baisser.

Première erreur : vendre parce que tout baisse

Voir son portefeuille perdre plusieurs milliers ou dizaines de milliers d’euros en quelques séances provoque naturellement l’envie de stopper les pertes. Vendre l’intégralité de ses actions procure même un soulagement immédiat : le portefeuille cesse de baisser. Mais une nouvelle difficulté apparaît aussitôt. Quand faudra-t-il revenir ? Après une nouvelle baisse de 10 % ? Lorsque les informations économiques seront meilleures ? Lorsque le marché aura repris 10 % ? C’est précisément là que le market timing devient extrêmement difficile.

Vendre est facile, savoir quand revenir est beaucoup plus compliqué

Les meilleures séances boursières se produisent fréquemment à proximité des pires. Vanguard a étudié les marchés mondiaux entre 1980 et 2025 : 12 des 20 meilleures séances se sont produites au cours d’années affichant pourtant une performance annuelle négative. Inversement, neuf des vingt pires journées ont eu lieu pendant des années finalement positives. Le rebond peut donc intervenir alors même que les nouvelles restent mauvaises. Attendre que tout redevienne rassurant avant de revenir en Bourse signifie souvent racheter sensiblement plus cher.

Rater quelques-unes des meilleures séances peut coûter très cher

Une simulation de Vanguard permet de mesurer l’impact du phénomène. Un portefeuille hypothétique de 100 000 dollars investi sur le S&P 500 de 1988 à 2024 aurait atteint environ 4,9 millions de dollars en restant investi pendant toute la période. En manquant seulement les dix meilleures séances, sa valeur finale aurait été réduite à environ 2,3 millions. En ratant les vingt meilleures, elle serait tombée à 1,4 million. Ces chiffres ne constituent évidemment pas une prévision de rendement futur, mais ils illustrent parfaitement le risque du market timing : éviter les mauvaises journées suppose également d’être capable de revenir avant les bonnes.

Une baisse généralisée n’est pas nécessairement une raison de vendre une bonne entreprise

Supposons qu’une action perde 25 %. La première question devrait être : pourquoi ? Si les perspectives de l’entreprise se sont brutalement détériorées, l’investissement initial doit être réexaminé. Mais si l’entreprise continue d’afficher les mêmes perspectives de croissance, le même bilan, la même rentabilité et que son cours recule simplement parce que l’ensemble du secteur ou du marché chute, sa valorisation est devenue moins élevée. Le cours a changé, pas nécessairement la valeur économique de l’entreprise. C’est une distinction fondamentale pour l’investisseur pratiquant le stock picking.

Ne pas confondre moins-value et perte définitive

[(Un investisseur achète une action à 100 €. Après un choc généralisé des marchés, elle cote 70 €. Sa moins-value latente atteint 30 %. S’il vend, la perte de 30 € devient définitive. S’il conserve son titre, rien ne garantit évidemment que le cours reviendra à 100 €, mais la baisse reste une valorisation de marché à cet instant. La décision rationnelle ne consiste donc pas à se demander « combien ai-je perdu ? », mais plutôt « achèterais-je encore cette entreprise aujourd’hui à 70 € compte tenu de ses perspectives ? ». Si la réponse est oui, vendre uniquement parce que son cours a baissé serait difficile à justifier.)]

Attention au piège du prix de revient

L’inverse est également vrai. Il ne faut pas conserver une action uniquement parce que son prix de revient est supérieur au cours actuel. Le marché ignore totalement le prix auquel l’investisseur a acheté. Une action acquise 100 € et cotant désormais 60 € n’a aucune obligation de revenir à 100 €. Si les fondamentaux se sont durablement détériorés, attendre simplement de « revenir à zéro » peut conduire à conserver pendant des années une mauvaise position. Le prix de revient est une information fiscale et psychologique, pas une estimation de la valeur future de l’entreprise.

La bonne question : mon horizon de placement a-t-il changé ?

Un portefeuille actions destiné à financer un projet dans quinze ans peut absorber une baisse importante beaucoup plus facilement qu’un portefeuille destiné à financer un achat immobilier dans douze mois. L’AMF insiste précisément sur l’adéquation entre horizon de placement et niveau de risque : pour un projet à deux ou trois ans nécessitant un capital déterminé, même un faible risque de perte peut devenir inacceptable. Une correction boursière constitue donc aussi un test grandeur nature de la construction du portefeuille.

Si une baisse de 20 % vous empêche de dormir, le problème existait avant le krach

Un investisseur qui possède 90 % de son patrimoine financier en actions et découvre lors d’une correction qu’il ne supporte psychologiquement qu’une perte de 10 % n’a pas nécessairement un problème avec le marché. Il a probablement un problème d’allocation d’actifs. Le niveau de risque d’un portefeuille devrait être déterminé lorsque les marchés sont calmes, et non au milieu d’un krach. La volatilité révèle souvent une exposition aux actions supérieure à la véritable tolérance au risque de l’investisseur.

Faut-il renforcer lorsque les marchés chutent ?

Pour l’investisseur disposant de liquidités, d’une épargne de précaution déjà constituée et d’un horizon suffisamment long, une correction peut offrir des points d’entrée plus intéressants. Mais renforcer ne signifie pas nécessairement investir tout son cash après une baisse de 10 %. Personne ne sait si une correction de 10 % s’arrêtera là ou se transformera en baisse de 20 %, 30 % ou davantage. Fractionner les investissements permet de ne pas faire dépendre toute la décision d’un seul point d’entrée.

Investir progressivement évite de devoir deviner le point bas

[(Un investisseur dispose de 20 000 € qu’il souhaite investir en actions. Le marché vient de perdre 15 %. Plutôt que d’investir obligatoirement les 20 000 € en une fois ou d’attendre un hypothétique point bas, il peut fractionner ses investissements dans le temps. Il achètera parfois trop tôt et parfois trop tard, mais il évite surtout de faire reposer toute sa stratégie sur une prévision impossible : déterminer précisément le point le plus bas du marché.)]

Le DCA devient psychologiquement beaucoup plus difficile pendant un krach

Investir régulièrement paraît simple lorsque les indices battent record sur record. Cela devient beaucoup plus difficile lorsque chaque nouveau versement semble perdre de la valeur quelques jours après son investissement. Pourtant, c’est précisément pendant les périodes de baisse que les versements réguliers permettent d’acheter davantage de parts pour une même somme. Le DCA ne protège pas contre une baisse et ne garantit aucun gain futur, mais il évite de devoir décider chaque mois si le marché a enfin atteint son point bas.

Un krach peut être l’occasion de rééquilibrer son portefeuille

Imaginons une allocation cible composée de 60 % d’actions et de 40 % d’actifs moins risqués. Après une forte chute des actions, leur poids peut tomber à 50 %. Le rééquilibrage consiste alors à revenir progressivement vers l’allocation cible, donc à acheter des actions après leur baisse plutôt qu’après leur hausse. Vanguard rappelle que rester fidèle à sa stratégie ne signifie pas « ne jamais rien faire » : le rééquilibrage permet justement de maintenir le niveau de risque initialement choisi.

Toutes les actions ne doivent pas forcément être renforcées

« Acheter la baisse » peut devenir dangereux lorsqu’il est appliqué mécaniquement. Une action qui perd 50 % n’est pas automatiquement deux fois moins chère. Certaines entreprises chutent parce que leur modèle économique est réellement menacé, que leur endettement devient insoutenable ou que leurs bénéfices vont durablement diminuer. Renforcer une entreprise uniquement parce qu’elle a baissé revient à confondre prix et valeur. Une baisse généralisée peut fournir de bonnes opportunités, mais elle ne transforme pas toutes les sociétés cotées en bonnes affaires.

La diversification montre justement son utilité pendant les crises

Un portefeuille composé de cinq valeurs technologiques n’est pas véritablement diversifié, même si les cinq entreprises sont excellentes. Une diversification efficace répartit les risques entre sociétés, secteurs et zones géographiques et, à l’échelle du patrimoine, entre plusieurs classes d’actifs. L’AMF rappelle qu’une allocation doit être adaptée aux objectifs, à l’horizon de placement et à la capacité de l’épargnant à supporter le risque.

Attention aux fausses diversifications

Détenir un ETF S&P 500, un ETF Nasdaq 100 et plusieurs grandes valeurs technologiques américaines peut donner l’impression de multiplier les placements alors que les expositions se recoupent fortement. Lors d’une baisse généralisée des valeurs de croissance américaines, ces lignes peuvent toutes reculer simultanément. La diversification doit donc être analysée à partir des actifs réellement détenus, et non du nombre de lignes affichées sur le compte-titres ou le PEA.

Le cash est précieux lorsque les marchés baissent

Une réserve de liquidités remplit deux fonctions. La première est patrimoniale : elle permet de financer les dépenses imprévues sans devoir vendre des actions après une chute de 30 %. La seconde est opportuniste : elle offre la possibilité de renforcer progressivement les marchés lorsque les valorisations deviennent plus intéressantes. Un investisseur intégralement investi en actions au sommet du marché ne dispose plus de cette flexibilité. Vanguard recommande également de conserver suffisamment de liquidités ou d’actifs assimilables pour couvrir les dépenses et besoins d’urgence.

À l’approche de la retraite, la problématique devient différente

Pour un investisseur de 30 ans accumulant du capital pour les prochaines décennies, une chute des marchés peut principalement constituer un problème psychologique. Pour un retraité qui doit vendre chaque année une partie de son portefeuille pour financer son train de vie, elle peut devenir un véritable problème financier. Vendre des actions après une chute pour financer ses dépenses réduit le nombre de titres disponibles pour profiter du rebond éventuel. C’est le risque de séquence des rendements. Disposer de plusieurs années de besoins financiers sur des supports moins volatils peut permettre d’éviter des ventes forcées au pire moment.

Les marchés peuvent rester bas beaucoup plus longtemps qu’on ne l’imagine

L’un des pièges consiste néanmoins à croire que toute baisse sera immédiatement suivie d’un rebond en V. Certaines corrections sont extrêmement rapides, comme en 2020. D’autres marchés baissiers peuvent durer plusieurs années et certains indices ont nécessité beaucoup de temps pour retrouver leurs précédents sommets. Un investisseur doit donc pouvoir supporter non seulement une baisse importante, mais également une période prolongée sans nouveau record.

Une baisse de 50 % nécessite ensuite une hausse de 100 %

Les mathématiques des pertes méritent également d’être rappelées. Après une baisse de 10 %, une hausse de 11,1 % suffit approximativement pour revenir au point de départ. Après -20 %, il faut +25 %. Après -30 %, environ +42,9 %. Après -40 %, +66,7 %. Et après une chute de 50 %, le portefeuille doit doubler, soit progresser de 100 %, pour retrouver sa valeur initiale. Limiter une concentration excessive et adapter le risque à son horizon n’est donc pas seulement une question de confort psychologique : les pertes profondes deviennent mathématiquement de plus en plus difficiles à effacer.

Baisse des marchés : que vérifier dans son portefeuille ?

Lorsque les marchés chutent, l’investisseur devrait surtout réexaminer les hypothèses qui l’ont conduit à construire son portefeuille. Son horizon est-il toujours identique ? Aura-t-il besoin de cet argent prochainement ? Dispose-t-il d’une épargne de précaution suffisante ? Ses entreprises restent-elles financièrement solides ? Certaines positions sont-elles devenues excessivement importantes ? Sa diversification est-elle réelle ? Son allocation correspond-elle encore au niveau de risque qu’il est capable de supporter ? Si rien de fondamental n’a changé, la baisse du marché n’impose pas nécessairement de modifier la stratégie.

Le pire moment pour découvrir son profil de risque

Une allocation d’actifs devrait idéalement être construite en imaginant le scénario défavorable avant qu’il ne survienne. Si un portefeuille de 200 000 € investi à 70 % en actions peut temporairement perdre plusieurs dizaines de milliers d’euros lors d’une crise, l’investisseur doit se demander à l’avance s’il sera réellement capable de conserver cette allocation. L’AMF rappelle que la capacité à tolérer les fluctuations fait partie intégrante de l’évaluation du risque d’un placement.

Un krach ne se gère pas le jour du krach

C’est finalement la principale leçon. La meilleure protection contre une baisse généralisée des marchés se construit avant qu’elle ne commence : diversification, horizon suffisamment long, niveau d’actions adapté au profil de risque, épargne de précaution disponible et absence de besoin imminent sur les capitaux investis. Lorsque ces conditions sont réunies, la chute des marchés devient beaucoup plus facile à supporter. Elle peut même permettre de rééquilibrer ou de renforcer progressivement le portefeuille. Lorsque ces conditions ne sont pas réunies, le krach révèle simplement les faiblesses d’une allocation qui était déjà trop risquée.

Baisse généralisée des actions : ne rien faire peut parfois être une véritable décision d’investissement

Face à un écran entièrement rouge, ne rien vendre donne parfois l’impression de subir les événements. Pourtant, conserver un portefeuille diversifié parce que son horizon reste long et que la thèse d’investissement n’a pas changé constitue bien une décision. L’histoire des marchés montre que les corrections et marchés baissiers sont récurrents et que les meilleures journées de rebond peuvent intervenir au cœur même des périodes les plus anxiogènes. Cela ne signifie pas qu’il faille systématiquement conserver toutes ses actions ni acheter aveuglément chaque baisse. Il faut distinguer une entreprise dont les fondamentaux se dégradent d’un marché qui revalorise temporairement l’ensemble des actifs à la baisse. En période de krach, l’investisseur ne contrôle ni les indices, ni les taux, ni les annonces géopolitiques. Il contrôle en revanche son allocation, sa diversification, ses besoins de liquidités et surtout ses décisions. C’est déjà beaucoup.

💬 Espace d'échange

0

Soyez le premier à réagir ou poser une question sur cet article !

Laisser un commentaire

Ton message n'apparaîtra qu'après avoir été validé par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
Ce champ n'accepte pas les liens externes au site Tendance Bourse 2026 (hormis vers des sites officiels).