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L’automatisation de la finance : ràªve ou cauchemar ?

Publié le , mis à jour le
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En 2010, le nombre de transactions automatiques de "trading" passait de 40 à 50 % sur les marchés NYSE et Euronext témoignant de l’évolution des marchés financiers face à l’explosion de l’informatique.

Au final, c’est la totalité du paysage boursier qui a été frappé par la révolution des TIC (technologie de l’information et de la communication) et le perfectionnement des outils informatiques.

Et pourtant, la mise en place des ordres "stop" et "limite" risque d’engendrer de plus en plus ce genre de mésaventure.

Fonctionnement

Aujourd’hui chez la totalité des courtiers, vous avez la possibilité de placer des ordres "stop" et des ordres "limites".

Les ordres "stop" sont des "planchers de pertes" que vous pouvez passer pour limiter vos pertes sur un cours particulier. Ainsi, lorsque le cours atteindra ce seuil, vos titres seront automatiquement vendus pour que la baisse des cours (ou leur hausse si vous spéculez à la baisse) ne vous frappe pas de plein fouet. C’est donc un bon moyen de se prémunir contre une variation trop importante des cours.

À l’inverse, les ordres limites sont "des plafonds de gains", c’est-à -dire un cours fixé à l’avance qui lorsqu’il est atteint engendre la vente automatique de vos titres pour sécuriser vos gains.

De la màªme manière, les ordres d’achat sont disponibles pour que des achats automatiques de titres s’effectuent quand un cours arrive au niveau que vous aurez fixé à l’avance. Le fonctionnement est identique aux ordres "stop" ou "limite" de vente.

Attention aux dérives !

Dans tous les cas, que ce soit pour se prémunir de grosses pertes ou pour sécuriser ses gains, les ordres automatiques augmentent considérablement la volatilité des cours à cause du volume de titres qui sont instantanément revendus à des niveaux précis, accentuant donc les mouvements dans un sens comme dans l’autre.

On assiste donc à des phénomènes cumulatifs qui participent à la déstabilisation des marchés financiers et gonflent les bulles spéculatives.

En d’autres termes, l’automatisation de la finance, si elle ne change pas profondément les mécanismes de la spéculation boursière, accélère considérablement l’ensemble de ses mouvements et augmente énormément les volumes échangés ce qui engendre fatalement une instabilité générale plus élevée.

Une situation qui est d’autant plus flagrante avec l’apparition du trading à haute fréquence" qui est aujourd’hui le "summum" de l’automatisation financière et est devenu majoritaire aux Etats-Unis [1].

Vers une réglementation nécessaire…

Aujourd’hui il est donc impossible de passer à cà´té de l’automatisation de la finance. Et si ses dérives peuvent coà »ter cher, celles-ci risquent de continuer à s’accentuer dans les années à venir.

C’est dans ce contexte que la question de la régulation prend toute son ampleur. Une question qui a d’ailleurs été traitée par l’AMF (autorité des marchés financiers) à propos du Trading à haute fréquence dans son rapport annuel publié en mai 2011 : "des risques et tendances sur les marchés financiers et pour l’épargne".

Il faudra donc poursuivre sur cette voie si on ne veut pas assister encore une fois au dérèglement complet du système.

Notes

[1] En Europe il représenterait environ un tiers des volumes de transactions

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